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Du battement de l’aile d’un papillon à la naissance d’une collection par Géraldine Auret

  • gauret
  • il y a 4 jours
  • 3 min de lecture

Une collection ne naît jamais d’un geste. Elle naît d’un souffle, d’un battement, d’un frémissement intérieur qui annonce déjà un univers à venir — comme une aile de papillon qui dérange l’air avant de devenir mouvement.


Une collection ne naît jamais d’un seul geste.Elle ne commence pas au moment où le pinceau touche la toile.Elle commence bien avant — dans un souffle, un souvenir, une sensation qui insiste.Dans un mouvement intérieur que rien ne peut contenir.

Parfois, tout commence avec presque rien :un battement léger, comme une aile de papillon,une vibration infime que je perçois avant même de la comprendre,un frémissement qui annonce qu’une nouvelle série cherche déjà son chemin.

Elle naît d’un détail minuscule :une lumière sur un mur,une vague qui se replie,un mot entendu par hasard,un silence qui s’étire.

Créer une collection, pour moi, c’est d’abord écouter.Écouter ce qui bouge en moi, ce qui s’ouvre, ce qui veut être dit.Écouter ce qui se déplace dans le monde, ce qui se dépose en surface, ce qui résonne en profondeur.

Chaque collection commence comme un fil invisible.Un fil qui me tire quelque part.Un fil que je reconnais avant même de le comprendre.


Premier mouvement : l’intuition

L’intuition arrive comme un parfum : fugace, insistante.Elle se manifeste par une couleur qui s’impose, une forme qui revient, un thème qui persiste.

Pour Résonance, c’était le mouvement.Pour Beyond Blue, c’était une couleur qui respirait plus que toutes les autres.Pour d’autres séries, ce sont des souffles, des courbes, des gestes, des contrastes.

Je ne commence jamais une collection par un plan.Je commence par un battement.Et ce battement décide de tout.


Deuxième mouvement : l’exploration

Quand l’intuition devient direction, commence l’exploration : une phase presque obsessionnelle.Je teste, je rature, je superpose, j’abandonne, je recommence.Je laisse la toile répondre.Je l’écoute plus que je ne la dirige.

Dans cette exploration, la matière parle avant moi.Le geste devient guide.L’œuvre devient partenaire.C’est un moment fragile, intense, où tout peut basculer.


Troisième mouvement : la naissance

Puis un jour, presque sans prévenir, la collection commence à parler d’elle-même.Quelques pièces émergent.Elles se reconnaissent.Elles tiennent ensemble.Elles se répondent.

C’est là que je comprends que la série est née.Non pas finie : née.Un moment de grâce, de soulagement, de joie silencieuse.L’instant où les toiles cessent d’être des œuvres isolées pour devenir un univers.


Quatrième mouvement : la construction

Une fois la série née, commence un travail précis — presque architectural.Je construis l’ensemble.Je pense en rythme, en circulation, en respiration.Une collection doit raconter une histoire : un début, un centre, une ouverture.

Je compose alors comme une partition : densité, contraste, équilibre.C’est un travail d’exigence, parfois de renoncement.


Cinquième mouvement : l’accrochage

Puis vient l’accrochage : le moment où la collection rencontre le monde.Chaque lieu transforme la série.Chaque exposition révèle une nouvelle couche du travail.L’accrochage n’est pas technique : c’est un langage.

Il s’agit de dialoguer avec l’espace : une lumière, un volume, une architecture.C’est là que la collection devient vivante.


Sixième mouvement : la rencontre

Et puis il y a ce que l’on ne maîtrise pas :la rencontre avec le public.

Quand les visiteurs regardent autrement une toile que je connais par cœur.Quand ils remarquent un détail que je n’avais pas vu.Quand leurs mots éclairent le travail d’un angle inattendu.

Le public ajoute une couche au travail.Il transforme la série une seconde fois.Il révèle, redistribue, ouvre.

Ces instants me rappellent que l’art n’est jamais un monologue : c’est une conversation.Une circulation.Un battement.

Et parfois, dans un regard, un mot, un silence, je sens à nouveau ce frémissement —le même battement d’aile qui avait tout déclenché.

Comme si la collection retrouvait son point d’origine dans le cœur de celui qui la regarde.

Une œuvre n’existe vraiment que lorsqu’elle est regardée.Et une collection trouve son souffle le jour où quelqu’un s’y reconnaît.


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