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La vie d’artiste, ce qui se tisse derrière la toile par Géraldine Auret

  • gauret
  • 2 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 3 déc. 2025



Derrière la poésie d’un geste, il y a toute une vie : celle qui se tisse loin de la toile, entre lumière et logistique, intuition et gestion, art et entreprise.


On croit souvent que la vie d’un artiste se joue dans l’atelier, dans le tête-à-tête avec la toile, dans cette respiration suspendue où la couleur trouve son chemin.

C’est vrai.

Mais ce n’est qu’une partie de l’histoire.


Pour moi, l’art est partout.

Dans la lumière du matin qui découpe les ombres sur un mur.

Dans le souffle d’un vent d’été qui traverse une pièce.

Dans le rire d’un ami, le silence d’une salle d’exposition encore vide, la courbe d’un corps en mouvement, la mer qui se retire ou qui revient.

Chaque promenade, chaque voyage, chaque instant vécu nourrit quelque chose que je reconnais plus tard dans un geste, une nuance, une vibration.

Être artiste, c’est une manière de regarder le monde — une manière de l’écouter.


Et pourtant, derrière cette sensibilité, il existe une réalité plus discrète, moins racontée.

Une réalité qui ne retire rien à la magie, mais qui la rend possible.

Le métier d’artiste est fait d’équilibre, d’endurance et de précision.

Avant qu’une œuvre ne soit accrochée, il y a des kilomètres parcourus avec des toiles qui prennent toute la place dans une voiture, des emballages soigneusement fabriqués pour protéger ce qui a demandé des semaines de travail, des escaliers trop étroits, des lieux sublimes mais accessibles par des ruelles impossibles.

On découvre alors que l’art a aussi un poids, une matière, une logistique (bien vu quand on ne fait qu'1m60!)

Chaque exposition est une aventure technique autant qu’émotionnelle.


Et puis il y a le reste : la gestion, les contrats, les mails, les délais, les conversations avec les galeries, les projets qui se construisent, ceux qui se décalent, les budgets, la communication, les réseaux sociaux…

Rien de tout cela n’est un fardeau. C’est le prolongement naturel du geste artistique, la manière de donner au travail une chance de rencontrer son public.

Car créer, ce n’est pas seulement peindre. C’est porter son œuvre. La défendre, la raconter, l’accompagner dans le monde.


Et il y a encore une autre dimension, essentielle, souvent invisible : l’artiste est aussi cheffe d’entreprise. Derrière chaque toile, il y a une stratégie. Derrière chaque exposition, une négociation. Derrière chaque vente, un travail administratif minutieux.

On parle rarement de ces heures passées à organiser la communication, à construire une identité visuelle, à préparer des budgets, à piloter des projets comme on dirige une petite maison d’édition, une agence, une entreprise créative à part entière.

Il faut gérer les finances avec précision, anticiper les coûts, imaginer les investissements futurs, décider, planifier, structurer, maintenir un cap clair même quand la mer est imprévisible.

Il faut être marketeuse, communicante, stratège, comptable, directrice artistique, responsable commerciale… et ne jamais perdre le fil de l’inspiration, jamais laisser s’éteindre ce feu intérieur qui donne tout son sens au reste.


C’est un équilibre subtil, mais puissant : danser entre l’intuition et l’organisation, entre la vision et la structure, entre la poésie et l’exigence économique.

 

Et puis il y a ces moments de grâce — un vernissage qui résonne, une rencontre inattendue, un collectionneur touché, un lieu magnifique qui accueille une série.

Et il y a des imprévus, des ajustements, des jours où il faut recommencer, réparer, réinventer.

Mais la vérité, c’est que tout cela fait partie du même mouvement.

La création ne s’arrête jamais.

Elle continue en dehors de l’atelier : dans un rendez-vous, dans une discussion avec un inconnu, dans l’énergie d’une pièce que l’on accroche, dans une nuit trop courte avant un départ, dans le doute et dans l’évidence.

 

Ma vie d’artiste est faite d’instants simples et d’intensité. Elle est faite de beauté, de profondeur, de travail concret et de visions qui prennent forme.

Elle est faite de contrastes : le vide et le plein, l’ombre et la lumière, la matière et le souffle.

Et au milieu de tout cela, une conviction demeure : créer est ma manière d’être au monde.

Une manière de le traverser, de le comprendre, de le transformer, et parfois, de l’apaiser.

Une manière de laisser une trace, une résonance, un mouvement qui continue même quand la peinture a séché, ma manière d’exprimer ce que je n’arrive pas à dire aussi.

 

Voilà ce que je voulais partager : la vie d’artiste n’est pas un rêve lointain, ni un chaos épuisant.

C’est un chemin.

Un chemin nourri d’intensité, de liberté, de précision, de beauté, d’incertitude, d’ancrage et d’élan.

Un chemin que je choisis chaque jour, avec gratitude et fièvre douce, parce qu’il est le seul qui fasse vibrer mon cœur exactement où il doit être.


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Et au quotidien suivre les coulisses sur instagram : @geraldinenauret

 
 
 

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